Discrets et rapides, les lézards qui habitent nos jardins, nos murets et nos terrasses sont parmi les alliés les plus efficaces du jardinier. Totalement inoffensifs, protégés par la loi, grands consommateurs d’insectes ravageurs, ils méritent bien mieux que l’indifférence ou la crainte que beaucoup leur témoignent. Rencontre avec les sauriens de nos espaces verts.
Quelles espèces dans nos jardins ?
Selon la région, vous pouvez observer plusieurs espèces dans vos extérieurs :
- Le lézard des murailles (Podarcis muralis) : le plus commun, visible sur les murs de pierres chauffés par le soleil dans toute la France
- Le lézard vert occidental (Lacerta bilineata) : plus grand (jusqu’à 40 cm), à gorge et ventre bleu-vert chez le mâle adulte, fréquent dans le midi et la façade atlantique
- Le lézard vivipare (Zootoca vivipara) : le seul lézard à accoucher de jeunes vivants (d’où son nom), présent jusqu’en haute montagne
- Le seps fragile (Chalcides striatus) : ressemble à un serpent avec ses pattes minuscules, présent dans le sud-ouest
Tous sont protégés par la loi française : toute capture, détention ou destruction est interdite.
Leur biologie en quelques points
Les lézards sont des ectothermes — leur température corporelle dépend de l’environnement. Ils passent une grande partie de la journée à se thermorégule en alternant exposition au soleil et zones d’ombre, selon un rythme précisément calculé pour optimiser leur activité.
Leur régime alimentaire est exclusivement carnivore :
- Insectes (coléoptères, diptères, fourmis, chenilles)
- Araignées et acariens
- Vers de terre et limaces (pour certaines espèces)
- Petits escargots
Un lézard vert adulte peut consommer plusieurs centaines d’insectes par semaine. C’est un auxiliaire redoutable dans la lutte naturelle contre les pucerons, les limaces et autres ravageurs du potager.
La reproduction des lézards
La saison de reproduction a lieu au printemps. Les mâles du lézard des murailles rivalisent de comportements d’exhibition — gonflement du corps, présentations latérales, danse nuptiale — pour conquérir une femelle. La femelle pond 2 à 10 œufs, enfouis dans le sol meuble ou sous une pierre, qui éclosent en juillet-août.
Aménager son jardin pour les accueillir
Quelques aménagements simples permettent d’attirer et de favoriser les lézards :
- Tas de pierres ou murs en pierres sèches : refuges et sites de thermorégulation idéaux
- Bois mort et souches : abris contre les prédateurs et sites de ponte naturels
- Végétation diversifiée : haies, plantes vivaces, gazons non tondus qui abritent les insectes dont ils se nourrissent
- Zéro pesticide : les insecticides éliminent leur nourriture et peuvent les intoxiquer par bioaccumulation
Nos conseils pratiques
- Installez un « mur lézards » en pierres sèches dans un coin ensoleillé de votre jardin : vous aurez un locataire naturel en quelques semaines
- Ne tondez pas l’intégralité de votre pelouse : laissez des zones refuges non tondues
- Apprenez à vos enfants à observer les lézards sans les attraper — c’est une introduction merveilleuse à la biodiversité du quotidien
- Éloignez les chats domestiques des zones de lézards : ils sont leurs prédateurs les plus efficaces dans les jardins
Les lézards sont des voisins silencieux et bénéfiques qui nous rendent de précieux services sans rien demander en retour. Leur protéger un bout de jardin sauvage, c’est faire un geste pour la biodiversité qui a en plus l’avantage de réduire notre besoin en pesticides. Tout bénéfice.