Mal aimés, craints, parfois tués par réflexe de peur, les serpents sont pourtant des animaux fascinants et pour la plupart totalement inoffensifs pour l’homme. La France métropolitaine abrite 12 espèces de serpents, dont seulement 3 sont venimeuses — et aucune n’est agressive envers l’homme dans des conditions normales. Il est temps de réviser nos préjugés.
Les espèces françaises
Les serpents de France appartiennent principalement à deux familles :
- Les Colubridés (non venimeux) : couleuvre d’Esculape, couleuvre verte et jaune, couleuvre à collier, couleuvre de Montpellier, couleuvre vipérine, couleuvre de Bordeaux…
- Les Vipéridés (venimeux) : vipère aspic (Vipera aspis), vipère péliade (Vipera berus), vipère d’Orsini (Vipera ursinii)
Toutes les espèces de serpents présentes en France sont protégées par la loi : il est interdit de les capturer, les blesser ou les tuer.
Comment reconnaître une vipère
La distinction entre couleuvres et vipères est cruciale. Voici les critères les plus fiables :
- Pupille : verticale (en fente) chez la vipère, ronde chez la couleuvre — mais difficile à voir sans risque à proximité
- Tête : triangulaire et bien distincte du corps chez la vipère, ovale et peu distincte chez la couleuvre
- Queue : s’effile brusquement chez la vipère, progressivement chez la couleuvre
- Motifs : la vipère aspic présente souvent un zigzag dorsal, mais certaines couleuvres peuvent aussi avoir des motifs similaires
Le risque de morsure : à relativiser
En France, on recense entre 500 et 1 000 morsures de vipères par an, et les décès sont extrêmement rares — moins d’un par an en moyenne. La morsure de vipère aspic est douloureuse et peut provoquer un œdème important, mais elle est rarement mortelle chez un adulte en bonne santé. Les enfants, les personnes âgées et les personnes allergiques sont plus à risque.
Leur rôle dans l’écosystème
Les serpents sont des prédateurs essentiels qui régulent les populations de rongeurs (campagnols, mulots, rats) et d’insectes. Une couleuvre à collier adulte peut consommer plusieurs dizaines de grenouilles par an, régulant ainsi les populations d’amphibiens. La disparition des serpents déstabiliserait les chaînes alimentaires des milieux naturels.
Nos conseils pratiques
- En randonnée, tapotez le sol devant vous avec un bâton en zone à vipères : le serpent fuira bien avant que vous ne l’atteigniez
- Portez des chaussures montantes et des pantalons longs dans les zones chaudes et pierreuses
- Ne retournez jamais une pierre ou une bûche à mains nues sans inspecter d’abord ce qu’il y a dessous
- En cas de morsure de vipère : immobilisez le membre mordu, appelez le 15 (SAMU) ou le 114, ne sucez pas la plaie
- Si vous trouvez un serpent dans votre jardin, laissez-le : il régule les rongeurs et ne vous cherche pas ennui
Les serpents sont des acteurs irremplaçables de nos écosystèmes, pas des ennemis à combattre. Apprendre à les reconnaître et à coexister avec eux sans peur irrationnelle est un pas important vers une relation plus harmonieuse avec la nature qui nous entoure.