Dans la lutte internationale contre l’extinction des espèces, un accord fait figure de pilier depuis plus de 50 ans : la CITES, ou Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction. Comprendre son fonctionnement, ses succès et ses limites est indispensable pour saisir les enjeux actuels de la conservation mondiale.
Qu’est-ce que la CITES ?
La CITES (Convention on International Trade in Endangered Species of Wild Fauna and Flora) est un accord international signé en 1973 à Washington, entré en vigueur en 1975. Elle regroupe aujourd’hui 183 États parties, ce qui en fait l’un des accords de conservation ayant le plus grand nombre d’adhérents dans le monde.
Son objectif central : s’assurer que le commerce international des espèces sauvages ne menace pas leur survie. Elle ne réglemente pas la chasse ou la pêche nationale, mais uniquement le commerce entre pays.
Les trois annexes de la CITES
Le système de protection de la CITES repose sur trois listes :
- Annexe I : espèces menacées d’extinction — tout commerce commercial est interdit (éléphants d’Afrique en majorité, grands singes, rhinocéros, tortues marines…)
- Annexe II : espèces qui pourraient être menacées si le commerce n’est pas contrôlé — le commerce est autorisé avec des permis (certains requins, hippopotames, orchidées…)
- Annexe III : espèces que certains pays souhaitent protéger sur leur territoire et pour lesquelles ils demandent la coopération internationale
Actuellement, plus de 38 000 espèces sont inscrites à ces annexes.
Des succès concrets
La CITES a contribué à des résultats tangibles :
- L’interdiction du commerce de l’ivoire en 1990 a permis une diminution des braconnages d’éléphants
- La protection des baleines via la Commission Baleinière Internationale (liée à la CITES) a permis la reconstitution de plusieurs populations
- Les requins marteau, taupes et renards sont désormais protégés par l’Annexe II depuis 2013, avec des résultats positifs documentés
Les limites de la convention
La CITES n’est pas sans défauts :
- Elle repose sur l’auto-déclaration des États, avec des capacités de contrôle très variables selon les pays
- Elle ne couvre pas la consommation interne : un pays peut légalement tuer ses propres espèces pour sa consommation nationale
- Les décisions sont prises à la majorité, ce qui donne lieu à des négociations politiques intenses entre États
- La cybercriminalité et le commerce en ligne constituent un défi croissant pour les contrôles douaniers
Nos conseils pratiques
- Avant d’acheter un animal exotique, vérifiez qu’il est accompagné de son certificat CITES ou de son document d’origine légale
- En douane, déclarez toujours les produits d’origine animale — les sanctions pour importation illégale d’espèces CITES peuvent être très lourdes
- Suivez les conférences des parties (COP) de la CITES pour vous informer des évolutions de protection des espèces
- Signalez les ventes suspectes d’espèces exotiques sur internet à la DGDDI (Direction Générale des Douanes) ou via l’application de la CITES
La CITES est un instrument imparfait mais indispensable dans la gouvernance internationale de la biodiversité. Ses cinquante ans d’existence ont permis d’éviter le pire pour des centaines d’espèces. Renforcer son application et élargir sa portée est l’un des défis majeurs de la conservation pour les décennies à venir.